Du recyclage et de son application

La question du recyclage et de la valorisation des déchets se pose à tous et l’époque appelle aujourd’hui un changement d’attitude. Plus positive, plus économe, plus responsable.

En collaboration avec 85 communes, depuis 1980, nos déchets sont collectés, gérés et valorisés par « le Syndicat de l’Entre-deux-mers Ouest pour la collecte et le traitement des ordures ménagères » – le SEMOCTOM.

Cependant, au niveau d’une commune comme Carignan, comment cerner le problème, comment évoluer intelligemment sur le sujet ?

Le travail commence en conscience dans chaque famille et dans chaque service d’une commune car « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». En amont, l’objectif est donc que chacun connaisse, notamment, l’impact environnemental de ses choix lors de ses achats.

Pour chaque acte dans notre vie, nous avons bien sûr à faire preuve de réflexion et de responsabilité quant à la gestion économe des biens de consommation courante.

Nous avons tous aussi, bien entendu, à intensifier notre participation au tri sélectif mis en place sur la commune et qui, bien que longtemps négligé, doit devenir un réflexe.

Ces efforts restant nécessaires, ils ne sont pas suffisants. Une politique publique clairvoyante doit sur ce point être mise en place de façon à accompagner le mouvement.

Le projet que je porte contient de nombreuses actions dont voici quelques exemples :

Créer un service spécialisé du SEMOCTOM, chargé de la communication et de l’aide aux usagers, accessible par numéro vert.

Revoir les aménagements afin d’optimiser l’intégration des points de collecte des déchets. Ainsi, le choix de conteneurs semi-enterrés peut s’avérer judicieux. Penser à leur signalisation, aux contraintes d’entretien et être très soucieux d’harmoniser le tout avec l’environnement.

Favoriser le compostage des déchets végétaux. La mise à disposition de composteurs aux Carignanais par la Mairie est encore une démarche payante sur réservation. Je propose de simplifier le processus et de les rendre gratuits au même titre que les poubelles classiques. La nature de nos communes se prête à ce type de recyclage efficace et c’est à la Municipalité d’afficher des signes clairs.

Eviter certaines espèces comme les thuyas, les lauriers-palme, les eleagnus pour les clôtures et les parcelles privées ornées de végétaux car leur entretien engendre beaucoup de déchets. Je propose l’élaboration d’une charte, consultable en Mairie, contenant des recommandations pour les nouvelles plantations afin de donner la bonne orientation dans ce domaine.

Prévoir, en amont de la conception d’une future zone de construction, la localisation de conteneurs pour la collecte des déchets des ménages et des entreprises. La zone nord-est de Carignan est aujourd’hui constructible, il faudra donc bien veiller à la développer de façon écologiquement responsable.

Exiger, de la même façon, une surface minimale affectée aux poubelles de tri, pour toute nouvelle construction.

Etudier les dossiers d’urbanisme afin d’orienter les intervenants œuvrant sur les chantiers de façon à limiter les déblais et les remblais. En cas de démolition importante, demander aux différents acteurs d’identifier et de quantifier les déchets afin de contrôler les filières de traitement.

Privilégier l’utilisation de matériaux recyclables ou recyclés pour la construction et interdire formellement tout brûlage sur les chantiers.

Ces quelques mesures sont bien évidemment à intégrer dans tous les services de la commune qui doit adopter en premier lieu une attitude exemplaire face au challenge qu’est le développement durable.

Nous pouvons agir seul, mais porter le projet au niveau intercommunal et au niveau du SEMOCTOM où nous siégeons en tant qu’élus, nous permettrait d’étendre la démarche à de nombreuses communes volontaires tout en mutualisant les investissements nécessaires.

Les maladresses conduites en 2008 ont contribué à diminuer l’importance de la parole de Carignan au sein de la Communauté de Communes. Notre positionnement dans ce contexte ou les intérêts des différents échelons territoriaux se recouvrent et se complètent est primordial. Ce déficit d’image réduit immanquablement une commune au syndrome du « vox clamantis in deserto », affaiblissant considérablement ses actions comme nous avons pu le constater au sujet de certains dossiers.

Pour conclure, je pense qu’en termes de recyclage particulièrement, une vision globale est indispensable et qu’il est du ressort des collectivités locales de favoriser par leur démarche le comportement vertueux de chacun. Un projet sincère et d’envergure, un projet utile et novateur pourrait servir d’étendard à Carignan, et accessoirement, nous permettrait de retrouver une place de choix  dans le champ décisionnel de nos instances territoriales.

Delphine Philippeau.

Carignan, l’Arbre et l’Avenir

plantationDepuis la révolution française, l’arbre symbolise la vie, la croissance, l’être, la continuité… Il fut choisi comme symbole de liberté associé à l’avènement de la République.

De nos jours, l’arbre est une composante importante du patrimoine de la ville. Ses fonctions ne se résument pas à une symbolique ou un intérêt ornemental. En effet, de nombreux bénéfices découlent d’une bonne intégration des espaces arborés dans une commune.

Des fonctions physiologiques prouvées telles que la réduction du stress, une espérance de vie plus importante, une augmentation sensible des sentiments positifs…

Des fonctions écologiques connues comme la production d‘oxygène, la réduction du monoxyde de carbone, la capacité à améliorer la qualité de l’air dans des environnements pollués…

Des fonctions environnementales et de qualité de vie évidentes comme l’ombre qu’ils nous apportent et leur capacité à atténuer la diffusion des bruits de la circulation automobile, le rafraîchissement de l’air…

Des fonctions économiques non négligeables car une commune où l’arbre contraste avec la minéralité du bourg est le gage d’un « mieux vivre » donnant un rôle important dans le choix géographique d’une résidence, d’une activité sociale, sportive ou commerciale.

Il semble pourtant que dans le bourg de Carignan, cette dimension qu’apporte l’arbre à la cité n’est pas été véritablement prise en compte durant ces dernières décennies. J’ai pour ma part toujours adhéré à toute volonté de lui redonner sa place dans les projets d’aménagements publics. Je me suis, notamment, fermement engagée en ce sens lors d’arbitrages récents au sujet de l’abattage d’un arbre de notre commune.

Cette « politique de l’arbre » qui aurait pour objectif de protéger et mettre en valeur le patrimoine arboré, ne peut se faire sans prendre en considération certains points essentiels.

– Au niveau de Carignan, un répertoire des arbres et une mise en valeur des plus remarquables d’entre eux serait un préambule à une investigation vertueuse.

– La diversité de la palette végétale est importante car en multipliant les essences, les maladies épidémiques sont minimisées lorsqu’elles apparaissent.

– La variété des espèces est un atout inestimable en faveur de l’esthétique et de l’écologie.  Elle permet d’éviter la banalisation de l’arbre induite par l’uniformité.

– La pollution, une méconnaissance de la qualité des sols, un espace minimum non respecté et des tailles mal appropriées sont autant de facteurs freinateurs à la bonne santé et à la longévité de nos arbres. En vieillissant ils deviennent fragiles et attirent les parasites. Aussi faudrait-il en assurer le renouvellement et prendre garde à conserver une pyramide des âges adéquate.

– L’espacement entre les arbres est un paramètre important  et le choix d’une essence adaptée à chaque site permet de limiter les tailles inesthétiques, coûteuses pour la collectivité, et de réduire la gêne que le développement exagéré de l’arbre peut causer aux riverains.

Avec ces quelques pistes, on comprend aisément l’ampleur et l’aspect technique du problème. Mais il s’agit là, à mon avis, de plus de réflexion et de bon sens que de finances. Lorsque les espaces sont bien pensés, les travaux d’entretien sont largement compensés par les bienfaits que les arbres procurent.

Parce que dans nos choix résidentiels, nous nous sommes tournés vers Carignan, parce que nous avons préféré pour nos enfants et nous-mêmes l’alternance d’un modèle plus naturel à celui d’une métropole, je pense que nous sommes en droit d’attendre aujourd’hui un urbanisme végétal intégrant le concept de qualité de vie.

L’inaltérable volontarisme des élus et des citoyens en est le seul gage car on peut le comprendre, les actions à mener devront éminemment s’inscrire dans la durée. En proposant cette vision d’avenir, je souhaite pour ma part porter les nouvelles valeurs environnementales à Carignan.

Delphine Philippeau.