Fiscalité – Les collectivités territoriales face à leur responsabilité

J’aimerais aujourd’hui ouvrir un débat encore peu audible mais qui j’en suis sûre fera écho tôt ou tard …

Personne n’est sans connaître ce nouvel environnement qu’est la crise financière, économique et sociale majeure dans laquelle est plongée l’Europe. Or, si en ces temps perturbés, l’heure pour les ménages français est au gel des salaires, des retraites, des prestations sociales….l’Etat et les collectivités locales intensifient la collecte de l’impôt en augmentant régulièrement les taux, en élargissant les assiettes ou en créant de nouvelles taxes diverses.

Il paraît difficile aujourd’hui d’échapper globalement à ce modèle fiscal inflationniste mais concrètement, car c’est l’objet de ma réflexion, peut-on à minima, au niveau local, redonner un peu de souffle à nos populations qui, à la peine, assument continuellement leur devoir de contribuable ?

Il se trouve qu’au niveau local, nous possédons quelques leviers intéressants. Une étude rapide des statistiques montre qu’en 2011, près de 60% des français étaient propriétaires de leur logement et que dans les plus petites communes les chiffres pouvaient monter jusqu’à 85%. Par les seuls exemples des « taxe foncière » ,  « taxe d’habitation » ou de la  « contribution foncière aux entreprises », on comprend aisément  le pouvoir qu’une commune responsable pourrait exercer en prenant des décisions citoyennes.

J’ai pour ma part toujours défendu, par le mandat qui m’est accordé, ce que je pense être l’intérêt général. Dans cet esprit, je propose que face à ce nouveau cycle économique récéssif, nous montrions l’exemple dans nos collectivités territoriales et que nous gelions provisoirement  la fraction de ces taxes qui relève de nos compétences. Les échelons territoriaux concernés ne manquent pas et un impact substantiel sur les dites taxes serait automatique.

Ces mesures justes auraient pour effet instantané de redonner concrètement aux citoyens un pouvoir d’achat dynamisant le tissu économique local. Par effet d’entrainement, elles juguleraient aussi la progression exponentielle des loyers dans nos communes, notamment celles qui sont limitrophes des grandes agglomérations.

Par évidence, l’exemplarité ainsi affirmée de nos instances locales aurait une portée symbolique toute bénéfique.

Delphine Philippeau